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La posture du cobra, une extension du dos à plat ventre
Le cobra soulève la poitrine sans pousser fort sur les bras : l'extension se répartit sur tout le dos plutôt que dans les lombaires.
Par Faustine Brunelle, rédactrice en chef relu le

En un souffle
La posture du cobra (bhujangasana) se pratique à plat ventre : mains sous les épaules, on soulève la poitrine sur une inspiration, bassin et jambes au sol, coudes pliés près du corps. Le travail vient surtout des muscles du dos plutôt que des bras. En cas de maladie de la colonne lombaire, le NCCIH conseille d’adapter avec un professionnel.
Temps après temps
Allongez-vous sur le ventre, jambes serrées ou écartées de la largeur du bassin, dessus des pieds au sol.
Placez les mains à plat sous les épaules, coudes pliés et serrés contre le buste.
Posez le front au sol et appuyez le pubis et le dessus des pieds dans le tapis.
Sur une inspiration, allongez la nuque et soulevez la tête puis la poitrine.
Poussez légèrement sur les mains en gardant les coudes pliés et les épaules basses.
Respirez dans la posture, le regard droit devant ou un peu vers le haut.
Sur une expiration, redescendez la poitrine puis le front au sol.
La posture du cobra : définition et forme
La posture du cobra est une extension du dos pratiquée à plat ventre. Les mains sont posées sous les épaules, le bassin et les jambes restent au sol, et la poitrine se soulève comme la tête d’un serpent qui se dresse. Les coudes restent pliés, près du buste.
C’est l’une des premières flexions arrière que l’on apprend, parce qu’elle se dose finement : on peut soulever la poitrine de quelques centimètres seulement ou monter davantage. Elle figure aussi dans la plupart des enchaînements dynamiques, dont la salutation au soleil.
Bhujanga, le serpent qui avance en se courbant
Le nom sanskrit, bhujangasana, est plus parlant qu’il n’y paraît. Le dictionnaire Monier-Williams traduit bhujanga par « serpent » et en donne la formation : bhujam, forme du verbe bhuj qui signifie « courber, plier », suivi de ga, « qui va ». Le serpent y est donc « celui qui avance en se courbant ».
L’image convient à la posture : on ne cherche pas un angle fort dans le bas du dos, mais une courbe longue, de la nuque jusqu’au bassin. Le nom de cobra, serpent qui dresse le haut du corps, appartient aux langues européennes ; le mot sanskrit désigne le serpent en général.
Répartir l’extension sur tout le dos
L’erreur la plus courante consiste à pousser fort sur les bras tendus : la poitrine monte, mais l’effort se fait surtout sentir dans le bas du dos. Le cobra classique garde les coudes pliés et fait travailler d’abord les muscles du dos.
- Le pubis et le dessus des pieds appuient dans le sol : les jambes sont actives, ce qui stabilise le bassin.
- Les épaules s’éloignent des oreilles et les omoplates descendent vers le bassin.
- La nuque prolonge la courbe du dos, sans casser vers l’arrière pour regarder le plafond.
- La poitrine avance autant qu’elle monte : on cherche de la longueur avant la hauteur.
Un test simple consiste à décoller les mains du sol un instant. Si la poitrine reste en l’air, le dos travaille. Si elle retombe, les bras faisaient tout le travail.
Cobra ou chien tête en haut : deux postures distinctes
Les deux postures se ressemblent et se confondent souvent, y compris dans les enchaînements. Le chien tête en haut se nomme urdhva mukha svanasana ; le dictionnaire Monier-Williams traduit urdhva par « qui s’élève, dressé, vers le haut ».
| Repère | Cobra | Chien tête en haut |
|---|---|---|
| Bras | Coudes pliés, près du buste | Bras tendus |
| Bassin et cuisses | Au sol | Décollés du sol |
| Appuis | Mains, bassin, jambes, pieds | Mains et dessus des pieds seulement |
| Intensité | Modulable, accessible | Plus forte pour les poignets et le dos |
Le chien tête en haut demande davantage de force dans les bras et une extension plus marquée. Il ne remplace pas le cobra pour un premier apprentissage.
La posture du cobra et le mal de dos : ce que l’on sait
La posture du cobra est souvent présentée comme une solution au mal de dos. Les données disponibles portent sur le yoga en général, pas sur cette posture seule. Selon le NCCIH, une revue de 2022 réunissant 21 études conclut que le yoga fait légèrement mieux que l’absence d’exercice contre la lombalgie, avec une différence qui peut sembler minime aux patients.
Le même organisme cite les maladies de la colonne lombaire parmi les situations qui appellent une adaptation des postures. Une hernie discale, une douleur qui descend dans la jambe ou une chirurgie récente relèvent donc d’abord d’un avis médical. La fiche sur le fascia thoraco-lombaire décrit les tissus de cette région.
Place du cobra dans une pratique
Dans la salutation au soleil à douze temps décrite par une étude de l’International Journal of Yoga, le cobra vient juste après la posture à huit appuis et avant la posture de la montagne, bassin vers le haut comme dans le chien tête en bas. Les auteurs rappellent la règle de souffle de cet enchaînement : on inspire dans les flexions arrière et l’on expire dans les flexions avant.
Après plusieurs extensions, une flexion douce rééquilibre le dos. On s’assoit sur les talons dans la posture de l’enfant, bras devant ou le long du corps, le temps que le souffle se pose.
Les mots de la pratique
- bhujanga
- « Serpent » en sanskrit, littéralement « celui qui avance en se courbant », selon le dictionnaire Monier-Williams.
- urdhva
- « Qui s'élève, dressé, vers le haut » ; on le retrouve dans le nom du chien tête en haut.
À emporter sur le tapis
- Gardez les coudes pliés et serrés contre le buste.
- Décollez les mains un instant pour vérifier que le dos travaille.
- Appuyez le pubis et le dessus des pieds dans le sol avant de monter.
- Cherchez la longueur de la nuque au bassin plutôt que la hauteur.
- Terminez par une flexion douce, assis sur les talons.
Questions de pratiquants
Quelles sont les contre-indications de la posture du cobra ?
Combien de temps faut-il tenir la posture du cobra ?
Quelle différence entre le cobra et le chien tête en haut ?
Avant d’écrire, nous avons lu
- Dictionnaire Monier-Williams, entrée bhujanga (Université de Cologne)
- Dictionnaire Monier-Williams, entrée bhuj (Université de Cologne)
- Dictionnaire Monier-Williams, entrée urdhva (Université de Cologne)
- Dictionnaire Monier-Williams, entrée ga (Université de Cologne)
- Mapping Cardiorespiratory and Metabolic Demands across Fast and Slow Surya Namaskar Sequences, International Journal of Yoga
- NCCIH, Yoga, efficacité et sécurité
Relu le 13 octobre 2026. Chaque lien ouvre le site cité.